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Abel Bonnard, par Pedro (© Éditions Dynamo, Liège)

Petits miroirs de la mer

La Corse

L'amitié

Arno Breker

A Sigmaringen, avec Céline

Dictature et révolution

La France et ses morts (texte intégral)

 

Le Palais Palmacamini (texte intégral en téléchargement)

 

La Vie et l'Amour - extrait 1

 

La Vie et l'Amour - extrait 2

 

La Vie et l'Amour - extrait 3

 

La Vie et l'Amour - extrait 4

 

La Vie et l'Amour (texte intégral en téléchargement)

 

«Testament politique »

 

Ma mort

Petits miroirs de la mer

Depuis que le monde existe, la mer seule n'a pas changé. Les montagnes s'effritent insensiblement et sous leurs énormes joyaux, dans leur impassibilité monstrueuse, elles ont cependant un âge. La terre soumise par l'homme porte comme une vieille jument son harnais de chemins. Mais la mer rit chaque matin comme si c'était le premier, elle ne sent pas les vaisseaux dont le passage éraille à peine sa surface, elle est ce que l'homme ne peut pas marquer. Pourtant les idées qu'elle suscite en nous ont changé. Ses horizons ne sont plus gros d'aucun mystère. Ils ne peuvent s'ouvrir sur rien d'inconnu. Elle-même a cessé d'être le lieu des merveilles et des épouvantes. La Méditerranée, qui n'est plus pour nous qu'une chambre d'or, fut longtemps pleine des périls fantastiques qui n'existent même plus maintenant aux confins des pôles. Un petit Ulysse éperdu se disputait aux monstres et aux dieux pour se sauver jusqu'à son îlot. Puis les prodiges ont reculé; c'est dans les mers du Nord que vivait ce Kraken qui enlaçait les navires; les navigateurs arabes qui, au Xe et au XIe siècles, allaient du golfe d'Ormuz jusqu'en Chine, parlent avec effroi du crabe géant qui élevait hors de l'eau ses pinces pareils à des rochers, prêtes à se rejoindre sur le bateau qui passait entre elles. Parfois leurs navires entraînés vers le Sud par des courants d’une violence invincible. Alors les marins voyaient l’étoile Canope grandir effroyablement dans leur ciel, et ils étaient poussés sur des îles inconnues dont la plus redoutable était celle qui n’était peuplée que de femmes. Au XVIe  siècle les Espagnols cherchaient en Floride la fontaine de jouvence, mais, près de deux mille ans avant, un Empereur de la Chine avait envoyé des expéditions maritimes à la découverte de ces îles où résident les Immortels, et d’où l’on peut rapporter la drogue d’immortalité.

Au moment de notre histoire où la méthode des sciences se fixe, ce ne sont pas des conteurs de fables, mais d'aussi doctes personnes qu'Ambroise Paré ou le père Fournier, auteur d'une Hydrographie célèbre, qui nous assurent que les Tritons et les Sirènes se trouvent en quantité sur les côtes de l'Inde et sur celles du Brésil, qui nous décrivent un moine de mer pêché en Norvège, et un évêque de mer qui, emmené dans l'intérieur du pays, se montra fort bénin pour tous ceux qu'il y rencontra, mais particulièrement pour deux évêques de terre en qui il reconnut des collègues, puis, reconduit au rivage, bénit tout le monde avant de plonger, de sorte qu'il laissa édifiés de ses moeurs ceux qui avait d'abord surpris par son existence. Mais la mer ne s'est pas seulement dépouillée de tous les prestiges dont l'avait parée l'imagination des hommes : elle se dépeuple réellement. Elle n'est plus cette mer féconde où la flotte de Néarque rencontrait des escadres de baleines, où les marins de Biarritz, du temps d'Henri IV, pêchaient tout l'hiver la baleine en vue de leurs côtes. L'homme, destructeur maniaque, indigne des moyens qui lui sont fournis, massacre chaque année les phoques par dizaines de milles. La baleine franche n'existera bientôt plus. Et comme une femme qui, craignant qu'on lui vole son dernier bijou, ne le montre qu'à peine et finit par l'enfouir dans le tiroir le plus secret, la mer cache son grand serpent, à la fois fabuleux et réel, dans les plus profondes grottes de la baie d'Along.

Que reste-t-il donc ? La mer elle-même, la grande Étrangère, la soeur du Désert, la Mer qui tisse de mouvement son repos, oisive dans son activité éternelle ; il reste les eaux brillantes des golfes, que les caps semblent ramener vers la terre comme une récolte, les étendues délivrées du large, épanouies dans leur perfection circulaire ; il reste le clapotis puéril qui borde les rochers, les vagues féminines qui s’étirent sur les plages, les flots virils qui se battent avec toutes les étraves. Il reste cette solitude qui est une multitude, cette netteté d’un espace pur ; ce n’est que sur mer qu’on voit des étoiles absolues, des nuages libres, des couchants entiers, des heures dont rien n’accroche la traîne; c’est là que la Planète et l’Univers se regardent, sans que nul détail diminue la majesté de leur rencontre.

*

*                *

Mais les mers sont différentes comme les pays : il faut d’abord distinguer la Méditerranée de toutes les autres. Dans l’Océan, c’est l’homme qui appartient à la mer ; dans la Méditerranée, c’est la mer qui est à l’homme. Il la tient, il la travaille, il y grave ou il y cisèle son adresse et sa force : il se mesure avec elle, puis retourne au port la tempête l’empoigne parfois, mais la solitude ne l’étreint jamais ; des vagues où il est ballotté, souvent il aperçoit un des hauts signaux de la Terre; quand il perd de vue l’Etna, en s’élevant vers le Nord, il pourra voir bientôt, si le ciel est clair, les pointes des Alpes nettoyées et fourbies par la tramontane ; si la cime de la Sicile disparaît de son ciel, quand c’est vers l’Est qu’il s’éloigne, bientôt y apparaîtra le sommet de la Crête ; ailleurs domine l’Athos, la Montagne Sainte. Celui qui se perd sur les Océans s’engage dans des espaces indéterminés. D’une part il est menacé par des périls plus énormes, par des tempêtes démesurées, qui lui demandent un effort prolongé, épuisant et solitaire; d'autre part il est plus bercé et plus assoupi; il a passé de la mer qui excite aux mers qui endorment. Voici l'Atlantique de l'alizé, où les traversées se font toutes seules, avec ses vagues éclaboussées de poissons volants, ses petits nuages ronds comme des ballots de laine et, le soir, le pâle clignotement de la Croix du Sud, surmontée de deux astres éblouissants du Centaure; voici les grandes houles détendues de l'Océan Indien, un espace de gloire, bleu et doré, où des dauphins viennent au couchant danser devant le navire, certains sautant si haut qu'on aperçoit tout leur corps en l'air, brillant comme celui d'un acrobate dans son maillot de soie. Les longs rivages se déroulent tout autrement que dans la mer bruyante d'histoire où chaque arbre est connu, chaque rocher nommé, où une foule de fantômes, Dieux, Saints, Héros, se disputent la possession des moindres promontoires : à mesure qu'on avance vers les Pôles, les drapeaux des noms deviennent plus rares, la nature reprend partout un monde qui échappe à l'homme, les caps éloignés sont comme des sentinelles si espacées que l'appel de l'une arrive à peine jusqu'à l'autre et l'on aboutit ainsi aux deux extrémités de la terre habitée, le Cap Nord debout dans une tranquille pâleur ou le Cap Horn dressé dans une tempête éternelle. Telle est la mélancolie des mers australes qu'il n'était pas rare jadis, sur les voiliers doublaient le Cap de Bonne-Espérance pour s’en aller jusqu’en Nouvelle-Calédonie ou en Nouvelle-Zélande, qu’il y eût parmi les matelots une succession de suicides, parce que des âmes simples se désespéraient sans raison, parmi ces houles fastidieuses d’où se détache parfois un grand albatros. Il faut avoir navigué, seul passager, sur un de ces petits vapeurs qui relient des lieux délaissés, pour savoir ce que peut être en mer la détresse du soir, quand la fête manquée du couchant finit dans les nuages par des barbouillages lugubres, que le bateau fatigué gémit en gravissant et en descendant les pentes des vagues, tandis que les matelots vaquent à leur besogne, allument quelques lampes, préparent leur repas, et par une pauvre imitation de la vie domestique, sur leur navire peinant et roulant, essayent de se préserver de la tristesse insupportable qui vient jusqu’à eux d’une immensité inhumaine.

 

 

 

 

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A Sigmaringen, avec Céline

Le 7 septembre 1945, Abel Bonnard arrive à Sigmaringen, en compagnie de sa mère - malade -, de Céline, Rebatet et quelques autres. L'ancien chef de l'Action Nationale Suisse, Georges Oltramare, écrira par la suite, à son sujet, dans ses Mémoires, Les souvenirs nous vengent : «Abel Bonnard dédaignait le luxe trop neuf du château. Avec la sérénité d'un mandarin, il contemplait un monde mieux fait pour susciter la nausée que l'effroi et me disait : "C'est heureux que le dégoût sans borne que ce monde nous inspire ne détruise pas en nous la curiosité de savoir comment et par quels ressorts tant d'ignobles choses arrivent." Il éprouvait une délectation morose à discerner les causes profondes d'une banqueroute universelle qui lui avait coûté son repos et ses biens, sans que son âme en fût altérée. Il jugeait Pétain un paysan assez matois, égoïste et d'un caractère louvoyant. » (cité par Olivier Mathieu, p. 325).
   Céline, quant à lui, qui prend soin de la mère d'Abel Bonnard - qui mourra à quelque temps de là, avant le départ de son fils pour l'Espagne, et dont la tombe demeurera introuvable par la suite -, confiera pour sa part à Robert Poulet, à propos de Mme Bonnard : «J'étais sous le charme. Je découvrais un univers spirituel où je ne suis plus admis, mais où parfois je rêve de vivre. La poésie, avec ses cadences heureuses, son air de danser sur un fil... Les mots qui arrivent, comme appelés par un signal. Et le contraste que fait cette régularité de l'expression dans la liberté du sentiment avec l'inconséquence et la fragilité des femmes... Elle finissait une strophe, et puis elle en commençait une autre, Mme Bonnard. C'était le doux courant d'une rivière qui vient on ne sait d'où et qui va on ne sait où, le miroitement et le murmure de la poésie, qui enveloppe toute la terre...»
   Enfin, en 1962-63, tandis que les Cahier de l'Herne prépare une livraison consacrée à Louis Ferdinand Céline, on se souvient d'Abel Bonnard qui se voit à cette occasion exceptionnellement sollicité. Il se tardera pas à adresser à la rédaction son témoignage, qui sera publié, sous le titre : A Sigmaringen. En voici un extrait :

« Je le revois encore pendant la journée, passant par les rues de cette tranquille petite ville de résidence, avec son grand corps d’ancien cuirassier, sa canadienne, sa tête aux cheveux noirs. Il venait souvent surveiller la santé de ma mère et il a, dans son livre D’un château l’autre, écrit sur elle quelques lignes d’une délicatesse exquise, dont je lui resterai reconnaissant jusqu’à ma mort. Quand il avait causé avec elle, il venait bavarder avec moi. Nous parlions de tout, et souvent de littérature, lui non pas du tout dans le vocabulaire truculent qu’un profane aurait attendu de lui, mais, au contraire, avec les nuances les plus justes, les plus attentives. Je n’ai rencontré qu’un autre exemple d’un goût littéraire aussi raffiné chez un écrivain qu’on aurait cru de même voué par son tempérament aux expressions violentes, c’est Léon Daudet. Mais la conversation de Léon Daudet est une des plus étoffées que j’aie connues, et parfois même des plus fastueuses, au lieu que Céline procédait toujours par petites touches juxtaposées, comme celles d’un peintre impressionniste. Nous parlions parfois aussi des événements, qui dévoilaient dès lors, selon moi, leur caractère de catastrophe universelle. Nos propos étaient très sombres, mais aussi très calmes. Je crois pouvoir assurer que le sentiment dominant de Céline, devant le spectacle du monde actuel, était le désespoir, à condition qu’on n’attache à ce mot rien de grimaçant ni de convulsif, et que l’on comprenne qu’il peut y avoir un désespoir noir et serein, celui qui vient conclure logiquement les réflexions d’une pensée droite, probe et forte. Il sera alors ce que les niais croient flétrir du nom de pessimisme, mais qui, du moins, s’oppose avantageusement à leur propre optimisme, par lequel ils voudraient tourner à leur louange une défaillance de tout l’être, où manquent à la fois la force d’esprit qu’il faut pour voir la réalité comme elle est, et la force d’âme qu’il faut pour soutenir cette vue.

Ma dernière image de Céline, je l’ai eue à la fin d’un lumineux jour de printemps, quand j’allai lui faire mes adieux à la gare. Il prenait le train pour le Nord, le dernier, je crois ou l’avant-dernier qui ait passé avant que les Américains aient coupé la ligne. Il emmenait avec lui, parmi ses hardes, son chat, Bébert, célèbre parmi les Français de Sigmaringen. Il avait d’abord pensé le laisser chez de bonnes gens qui l’auraient soigné avec l’affection que les Allemands portent aux animaux, mais, à la fin, il ne put se résoudre à s’en séparer. II voulait gagner le Danemark, où je crois qu’il avait quelque argent placé. Il se flattait d’y trouver un asile. On sait l’accueil ignominieux qui l’y attendait. J’allais oublier de mentionner, tant cela va de soi pour qui a connu sa nature, que jamais, dans nos libres entretiens, je ne lui ai entendu rien dire de bas, de vil, de rancunier, de haineux. Dans un monde de plus en plus dégradé, où sombrent toutes les hautes valeurs, Céline était digne d’être méconnu, persécuté, honni, et de mourir malheureux, avec les honneurs de la solitude.»

 

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ABEL BONNARD, «Testament politique», 1964

Ce qui nous a d’abord distingués, dans la crise de 1940, c’est que nous n’avions pas voulu cette guerre que la France ne faisait pas pour ses propres intérêts et à laquelle elle avait d’ailleurs répugné de tout son instinct. Ce qui nous a ensuite caractérisés, c’est qu’une fois l’écrasement survenu, nous n’avons pas voulu revenir à la lutte stérile et maudite des partis, mais, au contraire, faire une oeuvre à laquelle tous les hommes de bonne volonté pussent être conviés, celle-là même qui n’avait pas été accomplie avant la guerre : subjuguer la défaite, l’attacher au char embourbé de la France, la forcer à servir à sa renaissance. On en revenait à cette réforme intellectuelle et morale dont Renan, après l’autre défaite, avait préconisé la nécessité, mais dans des conditions immensément élargies, où il s’agissait de refaire la France en faisant l’Europe. Les deux choses se tenaient ; elles demandaient, sur un solide fond de raison, un mouvement de générosité et de foi. Il s’agissait essentiellement, dans la politique intérieure, de réintégrer le peuple dans la communauté nationale, comme, dans la politique extérieure, de réunir les différents peuples de l'Europe dans une communauté internationale.

Ce programme était grandiose et il n’était pas chimérique, il dessinait seulement le plus haut possible. Il y eut alors, en France, en Belgique. en Allemagne, et, indirectement, dans toute l’Europe, non seulement une espérance, mais une aspiration générale vers une paix, non plus accidentelle et précaire, mais positive, fixée, fondée sur un ordre intérieur et extérieur. Ce fantôme endimanché de l’Europe qui se promenait depuis si longtemps dans les hauteurs de la culture, allait enfin descendre dans la politique pour s’y incarner, tout en gardant ses parures. Cette constitution de l'Europe devait avoir nécessairement pour noyau l’association sincère et profonde de la France et de l’Allemagne. Les grandes figures de notre passé ne manquaient pas pour patronner cet accord, Renan, Tocqueville, Hugo, Lyautey, bien d’autres encore. Il semblait qu’il fût enfin temps, pour les deux pays, de mettre fin au stupide et fastidieux dialogue de tueries où ils détruisaient à l’envi et sans aucun fruit ce qu’ils avaient de meilleur. Cette constitution de l’Europe restait cependant chargée de promesses pour chacune des nationalités qui y prendraient part puisqu’il n’était pas question d’une Europe en grisaille, d’une Europe d’uniformité, mais, au contraire, d’un réveil de toutes les âmes nationales dans une société commune. Le symbole de cette Europe harmonique et régénérée, c’était, comme je ne m’étais pas lassé de le redire, le signe même de la paix, l’arc-en-ciel, où chaque couleur existe dans l’intensité du ton pur, tout en se fondant avec ses voisines sur ses bords fluides.

Il faut considérer d’autre part ce que fut l’action de l’Allemagne dans cette crise. Non seulement beaucoup d’Allemands parmi les meilleurs ont souhaité profondément et parfois passionnément un rapprochement décisif avec la France, mais Hitler lui-même a reconnu qu’il était nécessaire â la formation d’une Europe. Toute une suite d’actes de lui atteste ses intentions, et à la fin, dans la sincérité désespérée de ses derniers jours, quand il recherche les causes de son désastre, il en voit une des plus certaines dans son désir de collaborer avec la France. Mais puisqu’il voulait cette collaboration, sa faute est de ne pas l’avoir voulue assez fortement. C’est dès 1940 qu’il fallait convier solennellement, audacieusement, les peuples de l’Europe continentale à entrer dans un nouvel âge. Quand, ensuite, il reporta ses forces contre la Russie des Soviets, comme contre le seul adversaire qu’il aurait voulu avoir à combattre, au lieu d’accueillir presque à contrecoeur ces volontaires européens, élite obscure, qui, ayant compris le sens du drame, offrirent leur vie en témoignage de leur conviction, il fallait les accueillir avec gloire, et accompagner cet accueil de déclarations irrévocables. Napoléon aussi, quoique les circonstances parlassent alors moins impérieusement. a vu s’offrir à lui cette idée de constituer l’Europe qui se présente à l’homme de puissance comme une tentation ou comme un devoir, mais, lui aussi, se laissa distraire ou absorber par le train des affaires et les vicissitudes des événements.

L’Action française, qui avait toujours eu parmi ses principaux caractères le dogmatisme et l’anachronisme ne voyait dans une conjoncture si démesurée que l’occasion de remporter indirectement, en politique intérieure, l’avantage qu’elle n’avait pas pu s’assurer par ses seules forces, tout en continuant d’arborer le nationalisme de Déroulède. Ainsi l’événement se détraqua de plus en plus, le pouvoir d’Hitler, comme il était déjà arrivé à Napoléon, se crispa et s’envenima à mesure qu’il se réduisait. La guerre se prolongea sans être dirigée par aucune volonté intelligente, pour aboutir enfin à la contradiction la plus stridente, à l’inconséquence la plus dérisoire que présente l’histoire contemporaine, quand les Anglo-Américains, après avoir sauvé, protégé, équipé, fortifié, porté jusqu’à un excès formidable la puissance des Soviets, eurent peur, la victoire en commun à peine obtenue, de ce géant qu’ils avaient formé, la crainte qu’il leur inspire étant restée depuis lors l’élément déterminant de leur politique. Ainsi l’on peut le regarder maintenant avec une nostalgie justifiée, ce moment qui exista vraiment où les pensées des hommes les plus réfléchis coïncidèrent avec les aspirations naïves des bonnes gens et où l’on put croire que l'Histoire allait enfin, une fois, entendre le voeu toujours négligé des mères. Les indices favorables ne manquaient pas. Le vieux chef en qui la France retrouvait ses propres vertus avait compris que la défaite de notre pays n’était pas un accident, mais une sanction et que la première des tâches était de sortir de l’état qui l’avait produite. De même, en se rencontrant d’égal à égal avec le chef de l'Allemagne, il avait indiqué que cette réforme intérieure s’associait naturellement à l’organisation de l’Europe. Parmi l’ancien personnel politique, il y avait d’excellentes exceptions, des hommes qui, plus au fait que personne des vices pernicieux de l’ancien système, gardaient de leur expérience un sens très vif des réformes à effectuer. Parmi les partis, le PPF se signalait par un brillant état-major; enfin, se trouvaient dispersés dans toutes les professions des hommes d’une capacité éprouvée, sérieux, laborieux, consciencieux, persévérants, désintéressés, comme la France n’a pas a cessé d’en produire et dont les grands intendants du XVIIIe siècle restent le modèle.

Ce qui manquait, ce n’était pas le désir, c’était plutôt le ressort. C’était le chef énergique qui aurait pétri ces éléments divers pour engager la nation dans une oeuvre où se serait volatilisé le sentiment de sa défaite militaire. Ainsi commença lentement de s’effacer la possibilité unique qui avait vaporeusement brillé sur les choses. Ainsi la glaise sécha sans avoir été modelée. Je ne me fis pas faute, pour ma part, de répéter, alors, que la guerre devait être le premier acte du drame, mais non tout le drame, sous peine d’aboutir à une confusion aussi informe que celle qui avait suivi l’autre guerre. En même temps, à mesure que la victoire allemande devenait moins certaine, bien des gens que l’événement avait d’abord assommés, se demandèrent s’ils ne s’étaient pas effrayés trop vite et s’ils n’allaient pas voir se rétablir une décadence commode à leurs intérêts, à leurs profits, à leur importance et à leur paresse. D’autres, animés d’un patriotisme irritable et touchant; mais incroyablement étriqué et suranné, en face du drame cosmogonique où était ballotté le sort des Empires, pensaient que l’Angleterre, puis les États-Unis allaient se trouver trop honorés de combattre pour la France, et cette idée flattait la vanité nationale, quoique à mon sens il soit plus humiliant de vouloir être vainqueur par les autres que d’être vaincu soi-même.

Si l’on me permettait ici une brève digression, peut-être pourrait-on dire, si paradoxal que cela paraisse, que ce qui caractérise ces monstres de l’action dont on veut nous faire admirer l’énergie, c’est en quelque sorte la timidité. Leur énergie, en effet, peut facilement s’exaspérer jusqu’à la violence mais en restant toujours sur le même plan. Quand il s’agit de hausser l’Histoire, ils hésitent, tergiversent, temporisent, et finalement ne font point le pas décisif. Ainsi le possible garde des profondeurs vierges, au-dessus des tristes bagarres de l’Histoire horizontale.

Maintenant, tout est dit. Dans ces convulsions prodigieuses, l’action intelligente n’a pour intervenir qu’un moment, on pourrait presque dire qu’une fissure. Désormais, les événements se font tout seuls. On est entré dans une période géologique de l’Histoire, qui peut se caractériser aussi bien par des effondrements subits que par des engourdissements infinis, tandis qu’une réalité inconnue monte lentement vers la surface des choses. Tout se tient, aucun problème ne peut plus être encadré, étudié, résolu isolément par l’esprit. Des événements d’une brutalité écrasante s’imposent par leur masse, c’est l’énorme irruption de la Chine dans le drame universel, c’est la fin du règne de l’homme blanc, qui prend la forme d’une abdication. A la gigantesque impéritie des États-Unis correspond l’irréconciliable malignité des Soviets. Le désastre de l’homme s’étend à toute la terre. Quant à nous, qui fûmes les artisans ou les chevaliers malheureux d'un plus beau possible, nous sommes aussi vaincus qu'on peut l'être, abolis, annulés. Mais personne n'est vainqueur. Où nous avons voulu fonder un ordre, un abîme s'ouvre. Il arrive ce que nous nous étions expressément proposé d'éviter : le monde tombe dans le chaos.

Publié en Préface à l'Histoire de la Collaboration de Saint-Paulien, Édition de l'Esprit Nouveau, Paris, 1964

 

 

 

 
 

 

 LA VIE & L'AMOUR
(extrait 1)

 Après sa rupture avec Laure, l'écrivain André Arlant trouve refuge dans un petit village, dans le Nord de l'Italie...

  André se retrouvait épuisé sans avoir rien fait, pendant que dehors la nuit grave et pure dressait sur le monde son enceinte de cristal. Parfois aussi, l’après-midi, il sortait. Il traversait le village où fermentait un peuple bruyant et noir. Il remontait la longue rue. Des hommes se querellaient et blasphémaient, des mères appelaient leurs enfants, avec un cri qui donnait à leur visage la convulsion régulière des masques antiques. Les vieillards seuls étaient mornes et, contre les murs, ils s’exposaient au soleil, desséchés et tordus comme de vieux ceps. Les bêtes se mêlaient aux gens. Des ânes passaient, agonis d’injures, et gardant dans leur disgrâce quelque chose de propre et de fin, des dindes gloussaient, la forge tintait, et par-dessus tout cela l’horloge de l’église, faite pour avertir au loin les campagnards, sonnait l’heure et la répétait à chaque quart d’heure, et tout ce bruit s’élevait dans le ciel avec les fumées, jusqu’aux cercles du vol d’un faucon qui, tournant très haut, semblait faucher de ses ailes raides les dernières rumeurs, pour qu’aucune n’atteignît et n’offensât les régions du silence splendide et immaculé.

  André sortait du village. Parfois il allait jusqu’au lac de Nemi, calme et abstrait, pareil à un puits de vide. Ou bien, il s’étendait sur la pente herbeuse, à la lisière des bois où le printemps sortait par mille pointes. Ainsi gisant, il entendait un piétinement sourd et pressé qui se rapprochait, quelques bêlements grêles, et il était soudain entouré de moutons voraces qui broutaient tout en avançant. Il se soulevait et, tandis que le troupeau s’arrêtait, parlait un moment avec les bergers. Tenant leurs rudes houlettes, ils étaient couverts de toisons qui leur donnaient quelque chose d’animal; entre leurs grandes oreilles décollées, leur visage, d’une stupidité calme et douce, ne reflétait que la saison. La vie n’entretenait pas en eux d’orage incessant leurs chiens paraissaient plus vifs et plus intelligents qu’eux-mêmes. André, regardant ces hommes, les sentait si différents de lui qu’il s’étonnait d’appartenir à la même espèce. II leur donnait quelque monnaie, puis il écoutait le troupeau s’éloigner et ce bruit décroissant emportait son âme. Comme un blessé qui ne sait même plus par où s’en va son sang, il laissait sa vie s’échapper. Tandis que l’azur triomphait au-dessus de lui, il ne sentait plus son dessin, sa forme. En lui rentrait l’antique sentiment des métamorphoses. Un chant lointain semblait répandre une incantation sur le paysage. Un feuillage qu’il apercevait ne lui paraissait pas hors de lui. Il se résolvait dans un anéantissement comblé, il embrassait tout, il n’existait plus. Soudain son cœur battait et ce battement l’enclouait dans sa personne. Non, il ne s’échapperait pas.

  Pourtant, dans cet état indéfinissable de profusion et de néant, quelques images se détachaient, s’imposaient à lui comme des symboles. Dans le parc presque forestier d’une villa voisine, il allait souvent voir un aigle qu’on venait de faire captif. Sain et superbe encore de liberté, il avait, sans qu’une de ses plumes dépassât les autres, le volume lisse et parfait d’un aigle de basalte ou de porphyre. Quand André s’approchait de sa volière, loin de montrer la moindre inquiétude, il renversait seulement sa tête sur le ressort puissant de son cou, et dardait sur lui le regard de son oeil rond et cru, que la paupière nettoyait incessamment comme un joyau. Parfois aussi il relevait lentement une de ses serres vers son bec d’airain, comme pour mettre toutes ses armes ensemble. On sentait que nul ne pouvait lui arracher ce qu’il avait une fois saisi. L’impunité hardie, le droit qui vient de la force, n’auraient pu être proclamés aussi orgueilleusement par aucune autre créature. En immolant à soi d’autres animaux, il ne faisait que les sacrifier légitimement à une plus belle existence. L’important était qu’il vécût. « Vis, prends », disait-il.

  André, quand il revenait, sur le chemin à mi-côte, apercevait un grand chêne qui s’éployait dans le ciel et bientôt arrivait près de lui. Cet arbre aussi était fort. Mais cette vie grandiose n’avait eu besoin d’aucun carnage; c’était un géant nourri de rosée. Athlétique et innocent, debout comme un magistrat entre la montagne et la mer, il recevait les vents qui venaient de l’une et de l’autre et les conciliait dans son murmure. André, d’en bas, regardait la masse légère; c’était comme une cité salubre où l’air avait des passages, où le regard aboutissait par des endroits à des places vides, à de petites agoras d’azur. Le jeune homme, immobile, écoutait le perpétuel murmure de l’arbre. Cette vie sérieuse et pure, à la fois ailée et captive, où l’on produit sans détruire, où l’on ne s’augmente que de soi, mais où l’on fait passer en soi l’univers, il le savait, c’était le travail.

 

 

LA VIE & L'AMOUR
(extrait 2)

Le concert d'orgue

Dans cet extrait se manifeste toute la maîtrise de l'écrivain. Le description, ici, de la musique, fait écho et miroir à la psyché du personnage tout en en transcendant les méditations. Le pouvoir de la musique a rarement été rendu avec une telle force, une telle précision, en littérature, excepté chez Thomas Mann...

Ils arrivèrent à l’église. Aussitôt qu’ils y furent entrés, le son les enveloppa et les pénétra, et tel était ce gémissement, qui parfois s’enflait, parfois s’atténuait jusqu’à devenir aussi léger qu’un soupir, qu’on ne cherchait pas de quel instrument il émanait. C’étaient ces murailles, ces pierres qui chantaient, comme si, dans le moment où elles restaient seules, elles exhalaient et rendaient ce qu’elles avaient reçu de prières.

  De l’orgue sortaient toutes les voix à la fois, comme si tous les vents y avaient été faits prisonniers, pour chanter les douleurs de l’homme. C’était comme le bruit d’une forêt, mais où chaque arbre eût traduit un sentiment, de sorte qu’on ne savait pas si l’on entendait la rumeur des chênes ou celle de l’orgueil, le souffle des hêtres ou celui de la tendresse. La tristesse alternait avec la pitié et parfois, à la pointe extrême des notes, éclatait une allégresse ingénue pareille à celle des bergers. Tout ce qui agite les hommes reparaissait dans cette musique, mais purifié, comme si l’on avait confié les vases des passions à la main des anges. Au haut de la nef obscure un orage de plaintes s’amassait, que traversait par moments un appel tranchant et droit comme un rayon. Soudain, dans une splendeur terrible d’éclairs musical l’orage éclata et André, en entendant cette tempête de cris, se rappelait la foule qu’il avait traversée en venant ; il lui semblait que c’était cette multitude qui revenait, qui faisait irruption et s’arrêtait en face de l’autel muet avec toutes les demandes de sa colère et de sa douleur, mais, plus pure maintenant, moins pauvre dans sa détresse que dans sa médiocrité, c’était une foule sans corps, une foule d’âmes.

  Il ne savait même plus ce qu’il écoutait, et si cette musique venait d’ailleurs ou sortait de lui. Il était réveillé dans toute sa sincérité. Il lui semblait qu’il était au bord de sources immenses et qu’il se baptisait à nouveau dans la foi et dans l’amour. Il s’avoua tous ses besoins. II reconnut une fois de plus la nécessité de trouver la paix en faisant de sa vie une révélation de soi-même. Il comprit que cette paix nourrie d’action n’aurait rien de commun avec l’inertie où il se plaisait et qui ressemblait à la mort. Il ne se souvenait même plus de toutes les impressions pénibles qui l’avaient affecté. Elles disparaissaient, comme des scories qui fondent sur la face d’un métal bouillant. Son émotion le simplifiait. Il ne pensait plus aux autres. II n’appartenait qu’à l’essentiel. Tandis qu’il écoutait l’orgue, c’était comme s’il avait entendu une voix qui lui disait : « Aime, donne, crois, crée », et qu’il eut reçu tous ces commandement confondus dans un seul mot, ce mot complet de la vie qui manque aux langues humaines.

 

 

 

LA VIE & L'AMOUR
(extrait 3)

Portrait de femmes

 

Elles étaient là, les jeunes femmes, par groupes épars que tachait la présence obscure des hommes et, dans leurs robes parées que voilaient à demi des manteaux, lâches et légers, sous leurs grands chapeaux à plumes, elles ressemblaient à de jeunes généraux charmants. Pourtant, elles n’étaient pas victorieuses. Ayant pour la plupart épousé sans élan un homme qui les avait déçues, elles doutaient si cette première déception était le signe que tout mentait, ou s’il leur fallait aller chercher des revanches à leurs risques. L’appréhension, la crainte en retenaient beaucoup, et, ne fût-ce que par commodité, elles auraient bien préféré pouvoir aimer leur mari. Cependant la tête leur tournait aussi du plaisir d’être jolies, flattées, adulées, mais parfois elles devinaient qu’il n’y avait nul intérêt pour elles dans toutes ces convoitises qu’elles attiraient, et, entourées et solitaires, elles avaient été emplies, par moments, d’une défaillance si profonde, qu’elles étaient étonnées que personne n’en eût profité. Parfois aussi elles auraient voulu faire quelque chose de bien et étaient tristes que nul ne le leur demandât et qu’on ne parût rien attendre d’elles, hors le spectacle de leur beauté. Ainsi, désirées, méconnues, vaguement souillées, petites prisonnières d’un monde de vanités, tendres captives aux chaînes de perles, pleines d’égoïsme dans l’idée même qu’elles se formaient de l’amour, partagées entre le rêve de bonheurs peut-être impossibles et l’attrait de plaisirs clandestins, se souvenant de certains vers qu’elles avaient sus jadis et gardant aussi dans la mémoire les plates obscénités des petits théâtres, attachées aux satisfactions d’amour-propre qu’elles croyaient dédaigner, mais faibles, sans guides, sans certitude, elles ne savaient pas ce qu’elles voudraient faire, ni même ce qu’elles laisseraient leur arriver, et, sous leurs grands chapeaux d’un goût théâtral, elles souriaient, indécises.

 

 

LA VIE & L'AMOUR
(extrait 4)

La sonate de Beethoven

 

  Maximine Ertaut jouait une sonate de Beethoven. Aux premiers accords, tout, dans la grande pièce parut s’exalter. Les ors brillèrent avec plus de vigueur, la présence des tableaux devint moins lointaine, les limpides eaux des grands miroirs resplendirent. La figure de la musicienne avait pris quelque chose de fixe, d’attentif, de volontaire. Elle avait dédaigneusement oublié tous ceux qui étaient là, mais, comme une prêtresse évoquant son Dieu, elle sentait qu’elle ferait venir Beethoven, dont la présence, alors, serait la seule réelle. Elle se sentait le pouvoir de l’appeler et de l’amener, elle jouait impérieusement, mais, au-dessous de ces sommations, il y avait une prière humble et une supplication, éperdue. Elle le conjurait d’ajouter une sorte de grâce à l’effort qu’elle faisait, et de se dresser dans sa musique. En même temps que l’appareil technique de ce qu’elle jouait se présentait à elle de la manière la plus déliée, avec toutes ses difficultés et tous ses détails, il lui semblait aussi qu’autour d’elle tout avait changé, qu’elle était jeune, belle, forte, qu’elle avait brisé le réel avec des marteaux merveilleux et que, belliqueuse et invincible, pleine d’une liberté inouïe, elle avançait dans un paysage fabuleux, sur des prairies inondées de sources, sous un ciel ardent et grandiose d’aurore.

  Laure savait bien qu’elle n’aurait pas dû se donner à la musique : elle était ce soir-là dans un de ces états moyens dont ensuite elle regrettait toujours d’être sortie, puisque les plus grandes émotions ne mènent à rien. D’abord, elle avait presque espéré se trouver dans cette disposition où l’âme est sèche et rétive, mais à la fécondité qu’eurent en elle les premiers accents, elle connut son erreur. Alors, désespérée, elle s’abandonna. La musique l’emporta. Il lui sembla qu’elle était débarrassée et affranchie de ce qui n’était pas vrai en elle. Elle était redevenue sincère, simple, avide. Délivrée de tout ce qu’elle avait pris pour sa véritable personne, elle ne se reconnaissait plus que dans cette inconnue radieuse qu’elle découvrait dans son coeur. Rien de faux ne subsistait. Dans cette musique, c’était la vérité qui chantait. Elle se demandait comment elle avait pu accepter comme de la vie tant de moments médiocres qu’elle rejetait maintenant. Elle repensa à la mort, mais de si haut, qu’elle la dédaigna. Sans savoir comment cela se traduirait dans ses jours, elle se sentait victorieuse, couverte et toute armée d’elle, palpitante et triomphante dans le vide. Elle ne demandait qu’à ne pas déchoir de son émotion, qu’à demeurer à la même hauteur, mais elle ne savait comment l’obtenir. Elle recevait un ordre sublime, et ne pouvait pas l’exécuter. Alors, au milieu même de ses sentiments superbes, elle se retrouva faible, impuissante, misérable. Quoiqu’elle ne pleurât pas, intérieurement elle était en larmes. Elle avait baissé les paupières, pour préserver ses secrets, mais il lui semblait que si elle les relevait, elle verrait la musique comme un grand jet d’eau, ou comme une flamme terrible.

  Et, rouvrant les yeux, elle vit les autres, tels que s’ils avaient été très loin, distincts, minuscules. M. de la Meillerie feignait d’être attentif par bienséance et balançait à contre-temps son pied verni. M. Rollaud attendait visiblement que ce fût fini.

 

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Parties 1 à 4

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